Isadora
roman d'une vie
roman d'une vie
En 1923, un notable disparaît. Pas de cadavre, pas de preuves, pas d'aveu. Pourtant, son ami est accusé de l'avoir assassiné ; Il sera condamné au bagne à perpétuité. Cet homme, qui clamera toujours son innocence, s'appelle Guillaume Seznec. Denis Seznec est bébé lorsque son grand-père, gracié, revient en France après 24 ans de bagne. Il n'a pas deux ans lorsque son père, témoin dans l'affaire, est assassiné. Alors, pendant des années, il se lance à corps perdu dans sa quête du passé pour reconstituer le puzzle de la machination dont fut victime son grand-père. L'affaire Seznec, l'un des grands mystères de l'histoire criminelle, est le témoignage de la plus belle lutte pour la justice, la lutte opiniâtre d'une famille sur plusieurs générations pour obtenir la réhabilitation. Une extraordinaire contre-enquête qui se dévore comme le meilleur des romans policiers.
1941-1945
Découvrir à la fois la vie et la guerre, c'est le lot de toute une génération qui a connu le froid, la faim, la peur, les bombes, à l'âge des premiers jeux, des premières émotions, des premiers souvenirs. Etre un petit garçon de cinq ans, en 1941, c'est se retrouver victime d'une bien mauvaise plaisanterie de l'Histoire. Le mal ne serait pas si grand si la tendresse d'une mère, la chaleur d'un foyer protégeaient l'enfant et ses frères contre le vent mauvais d'un temps sans pitié. Mais entre une mère morte trop tôt et un père très occupé, l'une disparue, enfouie, apparemment oubliée dans sa tombe, l'autre pris dans le et tourbillon de ses amours, de ses ambitions et de ses dérives, tous deux absents, il n'y a personne pour tenir la main de ce petit Parisien - lui-même - dont Dominique Jamet évoque aujourd'hui le souvenir, personne pour l'aider à traverser ces années deux fois noires. Qu'est-ce, dira-t-on, qu'un malheur particulier dans le grand malheur général, quelques gouttes de plus dans un océan de larmes ? Plus peut-être qu'on n'en peut supporter. Assez pour en rester marqué, blessé, glacé, toute sa vie. Il a fallu que le temps passe pour que Dominique Jamet ose enfin regarder en face et raconter l'enfance qui lui a été volée.
Emmanuelle n'a jamais connu que le silence. Le monde, autour d'elle, n'était qu'une étrange représentation de mimiques, de bruits et de gestes mystérieux. Alors, pour s'évader de cette prison, pour clamer son existence, elle s'est mise à crier. Des cris d'oiseau de mer, disaient ses parents. C'est ainsi qu'elle est devenue la mouette. Mais, à sept ans, Emmanuelle découvre le langage des signes. Le monde intelligible s'ouvre enfin et elle devient une petite fille rieuse et " bavarde ". Aux désarrois de l'adolescence qui vont suivre, s'ajoute la révolte devant l'ostracisme social dont sont frappés les sourds. Mais très vite la réaction, la lutte et la victoire finale sur elle-même : son triomphe au théâtre dans " Les enfants du silence ", son combat pour faire connaître les droits de trois millions de sourds.
L'histoire d'une famille - les Koenigsmark - qui du début du 17e siècle jusqu'au milieu du 18e a une idée fixe, celle de s'élever aux fonctions suprêmes, soit par le fer, soit par l'intrigue, soit par l'alcôve. L'auteur se consacre essentiellement à Maurice, maréchal de Saxe. En romancier averti, il a gardé de son métier de journaliste un sens très sûr de la formule qui fait mouche ("les vrais chefs d'Etat savent que l'Histoire est semblable au-dedans de leurs âmes: de la nuit, de l'horreur, de la mort"), p. 291. Roman présélectionné par le jury du prix Goncourt. Excellente "biographie romanesque."
Il était une fois une fillette qui passait ses nuits à mourir de peur parce qu'elle lisait des histoires à dormir debout... {L'Impossible Monsieur Bierce}, conte cruel, cocasse et nostalgique autour de la vie d'Ambrose Bierce, est né de ces nuits blanches. Par sa patiente obstination à évoquer un des plus grands écrivains américains du XIXe siècle, ce livre relève de la biographie mais en repousse les conventions.Complexe, mystérieux, Bierce, trop peu connu en France, est l'égal d'Edgar Allan Poe. Polémiste enragé, humoriste redouté, esprit rebelle, il fait de son existence une aventure dont les péripéties tiennent en haleine autant qu'elles émeuvent. Plus qu'il n'en faut pour passionner une fillette qui rêve d'Amériques et l'inciter à projeter, dans la vie du grand Bierce, ses propres phantasmes... Ecoutez le récit d'une épopée où le sang côtoie le rire et les larmes, d'une fantasmagorie qui voit naître Ambrose Bierce et les Etats-Unis.Participez à la dure existence des pionniers de l'Est, à la guerre de Sécession, au démantèlement du Sud. Chevauchez les plaines et découvrez San Francisco qui surgit des brumes du Pacifique. Regardez l'autre côté de la légende de l'Ouest : la mine, les chemins de fer, les luttes sociales et tout ce qui compose le "melting pot" californien. Voyez Hearst apparaître et étendre sa grande ombre sur l'Amérique. Ecoutez la voix "off" de la fillette qui décortique un homme, farceur endiablé, misogyne irréductible, arrogant, pitoyable, déconcertant. Lisez cette longue lettre d'amour sagace qu'une Française adresse, par-delà le temps et les étendues océanes, à Ambrose Bierce !
histoire d'un asile et de ses pensionnaires, de Nerval à Maupassant
biographie
Qui était Heinrich Himmler ? Souvent considéré comme un simple auxiliaire du Führer, ce personnage falot et apparemment effacé fut en réalité l'ordonnateur de l'Holocauste et le concepteur de Dachau, modèle des camps d'extermination. Peter Longerich retrace l'étonnante ascension de ce fonctionnaire du mal, qui devint un des plus grands criminels de l'histoire alors qu'il n'était qu'un type ordinaire, bien loin du mythe aryen qu'il prétendait exalter. Maître absolu de la SS, garde prétorienne du régime, Himmler ne cessa de devancer les attentes d'Hitler jusqu'à devenir l'homme le plus puissant du Troisième Reich après le Führer. À partir d'un vaste éventail de sources, dont le journal intime et la correspondance d'Himmler, et de documents inédits, cette biographie apporte un éclairage nouveau sur celui qui fut l'un des véritables piliers de l'Allemagne nazie, un fanatique impitoyable dans la peau d'un homme insignifiant et frustré.
"Sers en premier le plus souffrant". Depuis quarante ans, au nom de cet idéal simple et exigeant, des hommes et des femmes se battent aux côtés des déshérités, des désespérés, des "crève-dehors" : les compagnons d'Emmaüs, et leur fondateur l'abbé Pierre. C'est cette épopée de la misère et de l'amour qui nous est contée ici avec émotion et. vérité. S'appuyant sur des archives inconnues jusqu'à ce jour, Pierre Lunel ne cèle rien des crises, des ruptures, des faiblesses qui ont marqué l'histoire du mouvement. Il n'en restitue qu'avec plus de force l'extraordinaire message humain que l'Insurgé de Dieu oppose à l'égoïsme, à l'injustice et à l'indifférence.
On parle souvent de Raymond Queneau, on en parle même beaucoup, pour ses poèmes, ses films, ses chansons (Si tu t'imagines), ses Exercices de style ou ses romans (Zazie dans le métro, Le Dimanche de la vie, Pierrot mon ami, etc.). Il est à la fois populaire et savant. Il passionne aussi bien le grand public que les amateurs, les universitaires, qui lui consacrent thèses et colloques. Jusqu'alors pourtant, aucun ouvrage ne proposait une vue d'ensemble de l'homme et de son œuvre. Seules, des études thématiques mettaient en lumière certaines facettes du talent de Raymond Queneau. Cette biographie vient donc combler une lacune. En s'appuyant sur une documentation impressionnante et souvent inédite, elle fait revivre l'homme sans le dissocier de son œuvre, du mouvement surréaliste au secrétariat général de Gallimard, du collège de Pataphysique à l'Encyclopédie de la Pléiade. On suit ainsi l'écrivain pas à pas, depuis sa naissance au Havre en 1903, jusqu'à son décès à Paris en 1976. Raymond Queneau, qui fut si secret, se trouve enfin dévoilé.
Depuis un demi-siècle, Henri Michaux est devenu une figure essentielle de notre paysage esthétique et littéraire. A l'écart des modes et des avant-gardes, son œuvre exerce une sorte de magnétisme. Ses intuitions fulgurantes dans les domaines les plus inattendus de la pensée, du savoir et de la sensibilité ont anticipé la fin des grandes idéologies. Le culte dont il fait aujourd'hui l'objet ne le cède sans doute qu'à celui de Rimbaud, mais avec des effets tout aussi réducteurs. Michaux secret, Michaux barbare, Michaux halluciné. Telle est la vulgate. L'auteur d'Un certain Plume s'est, il est vrai, dérobé à la publicité et aux honneurs. A la fois présent et caché dans ses textes comme dans ses peintures, il était réfractaire à la biographie. Michaux, pourtant, ne fut pas sans corps, sans famille, sans histoire. " Moi je veux voir et vivre ", disait-il, jeune homme. Jusqu'à sa mort, à l'âge de quatre-vingt-cinq ans, il prit mille fois le bateau et le train, migra d'hôtel en hôtel, aima plusieurs femmes, noua de profondes amitiés, scruta les foules, les animaux et les arbres. C'est avec une curiosité intense qu'en lui le peintre et l'écrivain ne cessèrent d'observer le monde. Parti sur ses traces, Jean-Pierre Martin a enquêté, interrogé des témoins, consulté archives et correspondances inédites. De Namur à Montevideo, de Quito à Knokke-Le Zoute, de Calcutta à Saint-Vaast-la-Hougue, il a visité de nombreux lieux de passage de la comète Michaux, décelant dans l'enfance et l'adolescence belges, dans cette origine détestée, quelques-unes des singularités qui ont façonné un être de fuite. Jetant une nouvelle lumière sur l'œuvre de Michaux, sur ses paysages et ses hantises, cette biographie, la première qui lui soit consacrée, est un essai de réincarnation.
une ambition française
Jackie Kennedy, 1929-1994
souvenirs
" En 1943, j'avais douze ans et j'aurais dû, à l'automne, passer en classe de cinquième. A la veille de la rentrée scolaire, j'appris mon renvoi de l'enseignement public pour faiblesse excessive en mathématiques. Redoutant la réaction de mon père, ma mère enfila son manteau et partit supplier le proviseur de me garder. Une demi-heure après son départ, la Gestapo arrivait à la maison pour l'arrêter. " Gilles Perrault
Édition en format de poche d'une biographie dont la première édition remonte à 1952. Dans une note liminaire, p. 9-13, Maurois indique qu'il a choisi d'étudier la vie de George Sand parce qu'il est attiré par la "puissance spirituelle" de l'auteur de La petite Fadette. Il regrette que la mode, jusqu'au milieu du 20e siècle, ait été de parler de Sand "avec ironie et sévérité". Maurois, lui, aime Sand. Très accessible. Nombreuses lettres citées. Index des noms propres, p. 699-728. [SDM].
" J'ai toutes les apparences d'un bourgeois, l'allure d'un bourgeois, le parfum d'un bourgeois, mais je ne me suis jamais senti un bourgeois.Qu'on ne se méprenne pas : le mot n'a pas de sens péjoratif dans ma bouche, bien au contraire. Mais je ne me sens pas en phase avec cet esprit-là. Je me considère d'abord comme un saltimbanque. Ce n'est pas le mode de vie qui compte, mais la façon dont on envisage l'existence en général. " P. N. Enfant rêveur, Philippe Noiret a connu les affres du métier de cancre, avant qu'un professeur attentionné ne décèle en lui un comédien-né. Admirateur de d'Artagnan, il a mené sa vie avec l'enjouement et la générosité du héros d'Alexandre Dumas que Bertrand Tavernier lui a permis d'incarner sur le tard dans sa carrière - l'une des plus impressionnantes de la scène française, jalonnée de cent vingt-cinq films, et de nombreux chefs-d'œuvre et succès populaires comme Alexandre le bienheureux, Le Vieux Fusil, Que la fête commence, Les Ripoux, Cinema Paradiso ou Le Facteur. Philippe Noiret a traversé l'existence avec légèreté, entrain et élégance, faisant des allers-retours entre le théâtre et le cinéma, mêlant compositions comiques et tragiques. Sa trajectoire hors normes a croisé celles de Jean Vilar et de Gérard Philipe, qui fut comme son ange gardien, mais aussi celle de Françoise Sagan, d'Alfred Hitchcock, de Philippe de Broca ou de certaines de nos plus belles comédiennes telles que Romy Schneider ou Catherine Deneuve. De Gabin à Mastroianni ou Fred Astaire, sans oublier ses deux complices, Jean Rochefort et Jean-Pierre Marielle, il a été l'ami et le partenaire des plus grands. Juste avant de tirer sa révérence, Philippe Noiret raconte de sa voix si reconnaissable les mille et une histoires d'une vie exceptionnelle. Une chevauchée à travers le siècle.
Qui incarne mieux la victoire de 1918 que le maréchal Ferdinand Foch (1851-1929) ? Adulé de son vivant, il reçut des funérailles nationales dignes de celles de Victor Hugo avant de devenir, dans la conscience collective, l'égal d'une Jeanne d'Arc, d'un Turenne et même, pour certains, d'un Bonaparte. La postérité a sculpté le buste impressionnant d'un général sûr de lui, de ses théories et de son commandement, renversant le cours des batailles auxquelles il prenait part. Mais qui était le " vrai " Foch. Avec son souci habituel de la documentation et l'aide de nouvelles archives, françaises ou étrangères, l'auteur a repris l'une après l'autre chacune des étapes de la carrière du maréchal en tentant de démêler le mythe de la réalité. De ce long et passionnant travail ressort un portrait beaucoup plus balancé. C'est ainsi que les enseignements de Foch à l'Ecole de guerre apparaissent avoir programmé les revers de 1914 plus que prévu la victoire de 1918. Sa conduite de la bataille, ses échecs durant les trois premières années et le limogeage qui s'ensuivit prennent une autre résonance, tout comme son retour en grâce et sa nomination au commandement suprême en 1918. Mais isoler ses erreurs permet aussi de mettre en relief sa formidable contribution. Fédérateur, clairvoyant et inspirant, Foch, à lui seul, a semblé porter quatre ans durant l'espoir inextinguible de la victoire. Jean-Christophe Notin analyse également de manière inédite et approfondie l'influence exercée par le maréchal, pendant mais aussi après la conférence de la Paix. La statue de Foch en sort rénovée et se pare enfin de couleurs qui lui rendent sa vraie et grande valeur
En 1972, son coup d'État manqué contre le roi Hassan Il vaut au général Oufkir la mort par " suicide ". Pour sa femme, Fatéma, et ses six enfants, commence alors un épouvantable calvaire. Mais l'histoire que Malika, l'aînée, a confiée à Michèle Fitoussi prend sa source plus tôt. En 1958, à cinq ans, Malika est adoptée par Mohammed V. Elle grandit à Rabat, dans le palais, parmi les courtisanes du harem, les esclaves du Feu, les gouvernantes à l'accent allemand. À dix-huit ans, Malika compte parmi les héritières les plus courtisées du royaume. C'est alors qu'éclate le drame. Et que commencent, pour une femme et des enfants dont le dernier n'a pas trois ans, vingt années de détention dans des conditions inhumaines. Malika n'a rien oublié : la faim, la soif, l'angoisse, l'incompréhension. jusqu'à cette rocambolesque évasion de 1987, qui marquera pour la famille Oufkir le début du retour à la vie... Un témoignage bouleversant, couronné par le Prix des Maisons de la presse 1999.
[un médedin de campagne en Haute-Ardèche]
Plus qu'une autobiographie linéaire, l'auteur-compositeur-interprète livre des aperçus de sa vie, comme une suite de réminiscences au gré de ses créations artistiques. Il fait défiler séquences et anecdotes d'un parcours peu commun, par associations d'idées. On peut ainsi le découvrir et le suivre de sa médaille d'or au Conservatoire à moins de douze ans, à sa vie aux Etats-Unis.
On l'appelle " le pape de l'obstétrique " et rien n'est plus justifié. En 25 ans, Emile Papiernik a révolutionné le monde de la naissance. Qu'il se trouve à la tête de la fameuse maternité Antoine-Béclère de Clamart, ou patron de l'obstétrique à l'hôpital Port-Royal de Paris, il n'a cessé de se battre contre la prématurité et pour une meilleure sécurité des nouveaux-nés. Il est également le premier à avoir ouvert en France un service d'interruption volontaire de grossesse, après le vote de la loi Veil de 1975. Attentif aux souffrances des femmes, il fut l'un des pionniers de la péridurale. De même que c'est dans son propre laboratoire de recherche qu'a été conçue Amandine, le premier bébé issu de la fécondation in vitro. Aujourd'hui, Emile Papiernik lève un tabou, en mettant en lumière des différences physiologiques entre les femmes noires, blanches et jaunes, lesquelles entraînent des durées variables de grossesses. C'est en reconnaissant ces différences, souligne-t-il, que toutes bénéficieront d'une même qualité de soins. A travers ces libres propos, fondés sur l'expérience de terrain comme sur des questions d'éthique et de responsabilité, c'est le quotidien d'un grand patron de la médecine qui nous est donné. Plus encore, ils permettent un état des lieux des maternités françaises, comparées à celles des autres pays européens.
Député gaulliste à 33 ans et titulaire de plusieurs grands ministères, porte-parole du général de Gaulle pendant quelque quatre ans, Alain Peyrefitte a eu avec celui-ci, entre 1959 et 1969, trois centaines d'entretiens en tête à tête. Sans compter autant de Conseils des ministres, des dizaines de Conseils restreints, des rencontres avec des chefs d'Etat ou de gouvernement étrangers.Il a estimé qu'il était de son devoir de prendre note au jour le jour des propos tenus par le fondateur de la Ve République, pour les soustraire à l'oubli, en respectant non seulement leur teneur, mais aussi leur style et le ton des dialogues. Il s'était interdit jusqu'à présent de les publier.La transcription fidèle de ces notes produit un effet saisissant. Comme si le temps s'effaçait, le lecteur voit surgir, dans toute l'intensité de sa présence, un homme habité par une idée plus grande que lui.Nous entrons dan l'intimité du Général. Nous l'écoutons penser tout haut. C'est un de Gaulle en liberté, qui va beaucoup plus loin que dans ses textes officiels, et s'exprime avec une familiarité et une franchise surprenantes.Par la richesse et la diversité des révélations qu'il apporte, par le portrait intellectuel et moral qui s'en dégage, ce livre constitue un témoignage capital sur le dernier héros de notre Histoire.
récit
Longtemps, Mazarine Pingeot a vécu "bouche cousue". Aujourd'hui, elle rompt le silence et tente de percer sa mémoire emmurée par une histoire trop lourde à porter. Depuis que son père est mort, Mazarine a perdu l'un de ses deux principaux témoins et acteurs de son enfance. Et tandis que les historiens et les journalistes continuent de s'approprier le personnage public de François Mitterrand, sa jeunesse, déroulée dans le secret le plus total auprès de cet homme, semble perdre peu à peu de sa réalité. Tout cela a-t-il bien existé? Ce François Mitterrand des journaux et des livres d'histoire a-t-il bien été son père?Pour lutter contre l'oubli, elle doit faire revivre, à tout prix, la petite fille heureuse qu'elle a été, ses paysages et ses jeux d'enfant, ses parents amoureux, le trio idéal, jalousement gardés dans un coin de sa mémoire... Tissant les instants magiques, banals ou cruels d'une enfance pas comme les autres, passée auprès d'un père président de la République, Mazarine fait surgir la figure étonnante de l'homme qu'elle a connu, celle d'un père aimant et exclusif. Et c'est cette image émouvante, salvatrice, qu'elle s'autorise enfin à partager.
Derrière le guerrier qui a mené cinquante sièges victorieux et le bâtisseur qui a construit plus de trente places neuves et en a fait restaurer plus d'une centaine, apparaît une personnalité aux multiples ressources, architecte et ingénieur, urbaniste et hydrographe, économiste, statisticien et financier, stratège, philosophe.
Blandine, Cosima et Daniel Liszt
un homme d'Etat républicain
En 1880, un jeune Lorrain de Bar-le-Duc s'inscrivait au barreau de Paris avec l'ambition de ses vingt ans : devenir un grand avocat, un écrivain célèbre et peut-être un jour diriger la France. Si la vie publique a contrarié sa vocation littéraire, son métier a modelé à tel point sa personnalité que Poincaré est apparu comme l'exemple achevé de la " République des avocats ". Son parcours commence dans le sillage de Gambetta, Ferry et autres grands anciens. Ministre à trente-trois ans, il est l'un des espoirs du nouveau régime, mais son ascension marque le pas après l'affaire Dreyfus qu'il aurait pu contribuer à dénouer. En 1913, à cinquante-deux ans, il devient président du Conseil puis président de la République l'année suivante, fonction qu'il occupera pendant toute la durée de la guerre, prenant une part notable à la victoire. Après son départ de l'Elysée, il réussit un retour unique dans l'histoire politique française : en janvier 1922, il revient une première fois aux affaires pour deux ans ; en juillet 1926, il est appelé au chevet de la monnaie malade, et la confiance qu'il inspire suffit à sauver le franc pour de longues années. Au-delà des passions contradictoires, des légendes dorées qui l'ont entouré comme de la légende noire qui l'a poursuivi, quel a été le vrai Raymond Poincaré ? Quelle place a-t-il tenue et conserve-t-il dans l'Histoire ? Des documents peu connus ou inédits ainsi qu'un regard neuf porté sur la République permettent à François Roth de dresser le trait profondément renouvelé de l'un des grands hommes d'Etat français du XXe siècle.
un voluptueux au pouvoir
L'homme de toutes les séductions. Morny a fasciné ses contemporains. Sa vie aventureuse, ses passions, l'énigme de sa naissance n'ont pas cessé de nourrir l'imagination des romanciers acharnés à percer son secret. Balzac, s'est inspiré de lui pour créer le cynique et fastueux Marsay ; Daudet en a fait un des héros du Nabab ; Zola le dépeint comme un érotomane. Personnage digne à la fois de Marivaux et de Tacite, dit Victor Hugo qui voit en lui l'illustration des turpitudes élégantes du Second Empire. Fils adultérin de la reine Hortense, petit-fils caché de Talleyrand, est-ce dans sa bâtardise que Morny puise une énergie redoublée pour la conquête du pouvoir et la quête frénétique des femmes ? Dandy de la politique, affairiste sans scrupule, amateur d'art, auteur de vaudevilles, ministre, ambassadeur, promoteur de l'essor indutriel et des chemins de fer, il mène de front plusieurs vies. Aristocrate de sa propre volonté, passant des salons des Tuileries aux coulisses où l'attendent les actrices et les demi-mondaines, qu'a-t-il cherché dans le pouvoir : un apaisement à sa frénésie de plaisirs ou à la blessure de l'illégitimité de sa naissance ? Personnalité paradoxale : cynique et libéral, organisateur du coup d'Etat du 2 décembre mais aussi cheville ouvrière de l'Empire libéral, il est à la fois jouisseur et visionnaire, homme d'argent et homme d'Etat. C'est avec Napoléon III, son demi-frère, la personnalité la plus passionnante et la plus mystérieuse du Second Empire.
une femme mélancolique sous la Révolution
Théroigne de Méricourt. Seule peut-être la Révolution s'aura engendré de pareils destins, aussi fulgurants, aussi extraordinaires. Théroigne de Méricourt est née paysanne, en 1762, dans l'Ardenne belge; entre vingt-cinq et trente ans, elle est l'une des grandes figures révolutionnaires; et, en 1794, à la chute de Robespierre, elle sombre dans la folie, à peine âgée de trente deux ans. Elle vivra encore vingt-trois années, enfermée jusqu'à sa mort en 1817. De mythe vivant, elle deviendra légende dans les poèmes de Baudelaire, dans l'oeuvre de Michelet et, plus tard, sous les traits de Sarah Bernhardt. Avant les Etats généraux, Théroigne est une demi-mondaine, entretenue par un marquis jaloux. Elle se fait escroquer par un castrat de la chapelle Sixtine qui lui fait miroiter une carrière de musicienne en Italie. A la faveur du combat pour la liberté, elle se construit une identité nouvelle, ouvre un salon à Paris et fonde une société patriotique. Elle devient alors la cible de la presse royaliste qui fait d'elle une libertine sadienne. Parée de cette légende, elle est accusée d'espionnage, livrée à la justice autrichienne, puis libérée par l'empereur Léopold qui reconnaît son innocence. En 1792, au sommet de sa gloire, elle s'allie aux Girondins et devient l'une des figures de proue du féminisme guerrier en réclamant la levée de "bataillons d'amazones" pour combattre les monarchies aux frontières. En pleine Terreur, le délire s'empare d'elle: la folie la sauvera de la guillotine. Malheureusement, l'Histoire ne respecte pas les héroïnes romanesques: elle sera, dans l'état si lamentable de la fin de sa vie, à travers le discours d'Esquirol, fondateur de l'asile moderne, un cas célèbre de mélancolie. La Révolution française, la revendication féministe, la folie. La folie restera illuminée par le mythe, la Révolution en aura fait une grande image, le féminisme moderne l'a reconnue depuis longtemps comme l'une de ses plus belles pionnières.
ma vérité
Père de la Légion étrangère
le rire incassable
Est-il possible d'évoquer la vie de Sarh Bernhardt sans donner une impression de " déjà lu " ? Françoise Sagan relève brillamment le défi. Elle évite les sentiers battus de la biographie traditionnelle en proposant à la tragédienne de se raconter dans des lettres... Correspondance à deux voix. Dialogue de femmes qui dévorent la vie avec la même ardeur. Une matière naît, émaillée de heurts, de brouilles et de réconciliations. Guidée par la romancière, la comédienne laisse parler la femme. Une femme exceptionnelle, excessive, gaie, qui confesse ses faiblesses, ses incertitudes et crie son amour démesuré du théâtre et de la vie. Sarah Bernhardt-Françoise Sagan ou la rencontre de deux femmes uniques, précieux miroir de leur temps.
enquête sur un père de légende
Guillemette de Sairigné a perdu son père alors qu'elle n'avait pas un an. Gabriel de Sairigné, l'un des premiers Français libres, Compagnon de la Libération, héros de Bir Hakeim, est mort au combat en Indochine à 35 ans, lieutenant-colonel de la Légion étrangère. Ce livre est la plus singulière et bouleversante enquête qui se puisse concevoir : celle d'une journaliste chevronnée partant en Extrême-Orient, mais aussi dans les Vosges, dans sa Vendée natale, à Coëtquidan, sur les traces de son si jeune père, reconstituant sa fière et belle figure à l'aide d'un somptueux puzzle d'impressions, d'images, de lettres, d'extraits de carnets. Bien au-delà d'une biographie classique, Mon illustre inconnu est n témoignagne historique d'importance sur les motivations des tout premiers compagnons du général de Gaulle et les conditions de leur épopée. C'est aussi un roman de formation, retraçant la manière dont se constitue une personnalité d'exception, une histoire d'amour fou entre un homme et une femme que la mort après deux ans de mariage ne réussira jamais à séparer. Une confession à mi-voix, enfin, celle d'un enfant privée de père qui, le cœur battant, voit son héros préféré redevenir au fil de l'enquête un homme de chair et de sang. Hier pour L'Express puis Le Point, aujourd'hui pour Madame figaro, Guillemette de Sairigné nous propose ses grandes interviews qui sont autant de rencontres de fond avec des personnalités de premier plan. Une réflexion très contemporaine que prolongent ses ouvrages parus chez Fayard : Tous les dragons de notre vie et Retrouvailles.