Poésies documentaires complètes
Les "poèmes retrouvés" (1900-1967) sont inédits, p. 191-213
Les "poèmes retrouvés" (1900-1967) sont inédits, p. 191-213
«Comprendre Mallarmé a toujours paru difficile. Mais c'est que dès qu'il s'agit de lui, qui fut un des fondateurs de notre modernité, il ne faut pas hésiter à se référer pourtant à ce qui peut en paraître si éloigné : les grandes structures de la pensée archaïque. Celle-ci, en effet, cette longue et omniprésente tradition qu'a commencé de démanteler en Europe à la fin de la Renaissance le nouvel esprit scientifique, ancrait le besoin de connaître dans l'existence comme elle va, autrement dit dans le temps, avec pour horizon et énigme les moyens limités de la condition humaine, et le hasard des événements, et la fatalité de la mort. C'est par analogie avec ses situations de l'exister quotidien que les aspects que nous dirions les plus matériels du monde étaient abordés : choses que l'on percevait de ce fait comme des êtres, enchaînements qui semblaient dictés par un dessein, un vouloir. Et c'est donc de par l'intérieur de l'événement ou de l'objet qu'on avait l'impression d'accéder à leur raison d'être, à leur sens ; et sans avoir perdu pour autant contact avec leur apparence la plus immédiatement sensorielle, alors encore non simplifiée par les instruments de mesure. Par exemple, la passiflore était comprise, dans l'univers médiéval. On avait reconnu dans ses organes floraux une représentation abrégée - une image en miroir - des instruments de la Passion, chiffres eux-mêmes du salut, de la Providence. Et ce savoir préservait donc toute la présence sensible de cette fleur, il en voyait la couleur, il en respirait le parfum. Les couleurs, les odeurs, les sons restaient vifs dans l'idée de la passiflore ou du ciel étoilé, aussi riches ceux-ci apparaissaient-ils de significations symboliques ; et pour peu qu'on approfondît cette lecture de signes, on pouvait donc déboucher sur une expérience d'unité sans quitter le plan des réalités sensibles : l'expérience même que Mallarmé dans ses premiers textes appellera une extase. Mallarmé qui a ressent durement, dès ses débuts de poète, que la connaissance ne s'élabore plus, de notre temps, que de l'extérieur, qu'elle réifie tout ce qu'elle touche, que les parfums, les couleurs, les sons ne soient donc pour nous que des émergences privées de tout sens profond, désordonnées.» Yves Bonnefoy. [payot.ch].
avec des inédits
Edition quasi définitive de ces poésies (une bonne douzaine d'inédits ont été exhumés) qui offre au lecteur une vue d'ensemble de l'entreprise mallarméenne où le vers de circonstance joue en quelque sorte le rôle de premier symptôme dans la crise de la modernité : l'écriture étant à elle-même la finalité unique et seule digne de retenir l'attention du poète.
Martin Terrier était pauvre, esseulé, bête et méchant, mais pour changer tout ça, il avait un plan de vie beau comme une ligne droite. Après avoir pratiqué dix ans le métier d'assassin, fait sa pelote et appris les bonnes manières, il allait rentrer au pays retrouver sa promise et faire des ronds dans l'eau ... Mais pour se baigner deux fois dans le même fleuve, il faut que beaucoup de sang passe sous les ponts.
Liturgie IV, 1996-1998
" J'ai bien peur d'être aussi ennuyeux que n'importe Qui avec tous ces faux sonnets que j'accumule Pour qui ? pour quoi ? et qui me viennent sans que j'y Songe, allant à mon pas sur le lopin de terre Où je me trouve à tel ou tel moment. Qu'y faire ? A vrai dire l'anxiété me prendrait si Soudain le débit tombait à rien. Me rassure Au contraire la coulée imprévue et même Incohérente qui aura pu prendre source Au gosier du geai ou de la corneille : cra Cra ! C'est ce que je croyais avoir entendu, Et c'est un chapelet de mots inattendus Que j'ai à recueillir, les ayant dans l'ouïe, Sur une page du carnet que j'ai sur moi. "
The Hédi Bouraoui Collection in Maghrebian and Franco-Ontarian Literatures is the gift of University Professor Emeritus Hédi Bouraoui.
pages choisies (1927-1959)
Dans un climat d'étrangeté, de fantastique, où les hantises l'assaillent, un narrateur au "moi" multiple et souffrant passe par les états agités d'une exploration de son espace intérieur et extérieur où le pousse son insatiable curiosité.
Istanbul, 1967-1995
Un portrait d'Istanbul qui est aussi une réflexion sur l'avenir de la Méditerranée.
Texte établi d'après le manuscrit d'Oxford, traduction, notes et commentaires
Roman-poème, autobiographie en octosyllabes versifiée souplement, riche en pensées, réflexions, sensations, humeurs. Une suite de moments décisifs affrontés dans la solitude intérieure. Comme le signale le critique du ##BCLF##, "rythme et facture évoquent les chansons de geste". Préface de Lorand Gaspar, p. 7-12. Vie de Perros, suivie d'une biographie, p. 205-216. Recommandé. [SDM].
poésie
L'oeuvre poétique de René Philoctète prend résolument le parti de la beauté et célèbre Haïti, assumant l'histoire et l'identité créole de l'île, pour que les peuples de la Caraïbe retrouvent enfin une destinée commune.
mystère profane
""Les épiphanies" ont été créées il y a cinquante ans au théâtre des Noctambules en 1947. Oeuvre inclassable, en cinq parties, où se détachent de l'ensemble trois personnages : le poète, l'amoureuse et Monsieur Diable. Méditation, dialogues lyriques, chansons, invention verbale alternent et donnent l'impression d'un flux verbal."
Poèmes en prose, ces textes disent l'étonnement devant la vie qui passe, le temps qui fuit, les regards des enfants, la désespérance têtue des vieillards.
précédé de Douze petits écrits ; et suivi de Proêmes
""Se dépouiller à l'extrême, jusqu'au silence, au risque de passer, dans cette quête, pour pauvre et banal, tel est bien le sujet de ce livre minuscule ... ""
Souvent, au Bois, un cerf traversait une allée. Un peu partout, les gens mangeaient, buvaient, prenaient le café. Un ivrogne passait et hurlait - 'Dépêchez-vous ! Mangez sur l'herbe, un jour ou l'autre, l'herbe mangera sur vous'.
poèmes de Jacques Prévert et d'André Verdet
'Oui, jusqu'au bout de sa vie, et avant ce dernier chef-d'œuvre que sera Morale élémentaire, Queneau est resté poète, dans cette étrange zone intermédiaire où le lyrisme et la satire font bon ménage. Une œuvre qui se mérite, car ses vertus de séduction trop évidentes cachent souvent sa profondeur. Une sensibilité qui rougirait de s'exhiber, un sens du comique qui sert d'exorcisme. Une modernité qui se paie le luxe d'utiliser encore le vieil alexandrin ou le sonnet prétendument disparu de la poésie moderne, un goût des mots inséparable d'une appréhension dramatique de l'existence et du monde. Questions multiples, légèrement posées, et si lourdes ! Qui a mieux que lui, dans la poésie française, illustré l'esthétique préconisée par Apollinaire en 1917, dans sa conférence sur "L'Esprit nouveau et les poètes" ? : "Il n'est pas besoin pour partir à la découverte de choisir à grand renfort de règles, même édictées par le goût, un fait classé comme sublime. On peut partir d'un fait quotidien : un mouchoir qui tombe peut être pour le poète le levier avec lequel il soulèvera tout un univers."' Claude Debon.
poèmes ...
Poeme
Récitatif:Entre la parole commune et la musique, en effet un récitatif, entrecoupé de chants. Entre la confidence et la méditation, peut-être une autobiographie, çà et là transposée par des voix anonymes : passant par le détour délectable et violent de la poésie.La tourne:Ces poèmes traduisent avec une exceptionnelle sûreté de touche la quotidienneté des heures vécues et la beauté de certains lieux. À travers leur musique le lecteur perçoit des éléments autobiographiques.
nouvelles poésies itinérantes et familières, 1993-1998
Tramways à BobignyLe long d'un boulevard désert, par un soir soucieux, J'ai vu venir les beaux tramways silencieux. L'un, grandissant comme une étoile qui miroite, Venait de l'avenir sur une ligne droite. En sens inverse l'autre a surgi d'un tournantParmi des arbres et des fleurs, énorme et patinantDe tout son poids mais souplement contre l'asphalte. Ils se sont arrêtés ensemble au niveau de la halte. Leurs portes à coulisse ont manoeuvré sans bruitPour laisser descendre ou monter quelques dames paréesComme des reines de Saba : vertes, mauves, dorées. Au même instant cinq cents fenêtres ont reluiDu haut en bas des grands immeubles : un nuageS'était déchiré dans le ciel et j'ai levé les yeux. Quand je suis revenu sur terre, le virageEt l'infini des rails avaient, jusqu'au sillage, Absorbé les deux beaux tramways silencieux.
De Belleville à Passy, de Montmartre à la Butte-aux-Cailles, d'Antony à Saint-Ouen, il n'y a qu'à se laisser guider par les pas et les mots d'un promeneur tour à tour (ou ensemble) nuageux, curieux, inquiet, hilare, furibond, tendre, ahuri, à travers les arrondissements et banlieues de Paris qui éclatent, agonisent ou résistent encore sur leurs secrets. Et puis au-delà, dans les campagnes où le réseau intelligent des rails épouse l'équilibre et les fuites du paysage, vers une petite route de Bretagne, une pâtisserie à Vienne, les ponts de Fribourg. Mais toujours au rythme de la marche ou des trains, imitant le rebond plein d'espoir de la basse ambulante, en jazz, sur bon tempo. Sans cesse on repart, on recommence, cherchant de halte en halte le pourquoi sans réponse, le comment à la fois lyrique et familier de ce mouvement, pareil au monde lui-même qui resurgit sans cesse de ses ruines - où nous passons.