Histoire de la Philosophie
idées, doctrines. Le XXe siècle
idées, doctrines. Le XXe siècle
du renoncement au monde
Deux grandes idéologies sont à l'oeuvre dans nos sociétés occidentales : le déclinisme et le catastrophisme. Depuis le début du siècle, tous les évènements semblent conforter ce pronostic : le réchauffement climatique, le terrorisme islamiste, le retour des pandémies, la guerre en Ukraine. Le coronavirus n'a fait qu'amplifier une tendance lourde qui lui préexistait : le repli sur les pénates. Et si cette réponse archaïque était devenue un antidote à toutes les menaces du monde ? (4e de couv.)
La bataille des idees, que l'on croyait assoupie depuis la disparition des plus grands intellectuels francais du XXe siecle (Sartre, Foucault, Deleuze...) s'est reveillee depuis quelques annees. Elle prend notamment la forme d'attaques venues des Etats-Unis contre ce que l'on appelle desormais la french theory. En quoi consistent donc les idees elaborees en France ainsi contestees ? Ce ne sont pas seulement celles des philosophes comme Jacques Derrida, mais celles venues de la psychanalyse (Lacan), de la biologie moleculaire (Francois Jacob et Jacques Monod) ou encore de la sociologie (Jean Baudrillard, Edgar Morin...). Ce livre permet de faire le point le plus actuel sur le developpement de la pensee en France, dont on ignore souvent qu'elle est devenue la pensee dominante dans les universites du monde entier.
pour en finir avec la syndicratie
Study of political aspects, ideologycal and sociological aspects of the labour movement and trade unionism partic. At enterprise level in France - considers the role of trade union federations and trade union solidarity (incl. Militancy) in recognition of workers rights, and the economic implications partic. In the context of economic recession, strikes, and unemployment; discusses the impact on workers participation, freedom of expression, social change, working life, employment, social protection, etc. ILO mentioned. Bibliography.
l'injustice de la loi
Le Code Civil, c'est le grand fait vrai de la Comédie Humaine, ce qui lui donne à la fois sa dynamique, et son unité. De ce massif de vérité, Balzac, fait une lecture toute orientée vers un sens tragique : toujours, le fort, le riche, l'emporteront sur le pauvre et le faible... Balzac, qui avait fait ses études de droit, est en quelque sorte un juriste déçu par la Loi. Juge d'instruction de notre « désordre social », il a fait le procès du monde tel qu'il est. Pages de début Ils étaient cinquante-huit hommes de loi... I. Un monde hostile II. L'heure du crime III. Deux erreurs judiciaires et un mariage IV. La tentation autoritaire V. La société est un bourbier Iln'y a pas de justice... Bibliographie Pages de fin.
l'avocat et la République
Cicéron a inventé le métier d'avocat : praticien en même temps que théoricien du droit, il n'a cessé, tout au long de sa carrière de s'interroger sur la pratique : qu'est ce que convaincre ? Tous les moyens sont-ils bons à cette fin ? Acteur de la fin troublée de la république romaine, s'engageant sans ambiguïté dans le combat contre l'instauration d'un pouvoir personnel, Cicéron verra sa lutte politique échouer avec le triomphe d'Antoine. Mais l'histoire lui donnera raison.
l'humain et l'inhumain : ouvrage collectif.
immanence et vie
la philosophie de François Châtelet
La pensée et la vie de Thoreau examinées à la lumière du Vedanta. Par un docteur ès lettres, spécialiste de la littérature américaine et imprégné de culture védique, une superbe biographie qui se situe, pour l'essentiel, hors du champ de la recherche universitaire et de ses critères. Dialogue G. Farcet-K. White, p. 293-309.
de la bestialisation à l'exclusion
Comment l'affirmation de la suprématie de l'homme sur l'animal, dans l'idéologie occidentale, a-t-elle servi à légitimer d'autres dominations et discriminations à l'intérieur de l'humanité ? Telle est l'interrogation posée par cet ouvrage. U auteur ne présente pas une dénonciation de type écologique des traitements iniques infligés à nos "frères inférieurs", mais l'analyse du processus qui conduit à extraire de l'humanité des êtres humains et à les traiter comme des bêtes. Cette opération de "bestialisation" provoque la "diabolisation" d'"espèces" entières de populations : les femmes, les Barbares, le peuple, l'Autre... Certains propos, pudiquement oubliés, des plus grands penseurs pourraient prêter à sourire s'ils n'avaient préparé ou accompagné des pratiques d'exclusion parfois meurtrières.
textes et entretiens 1975-1995
" Le vieux fascisme si actuel et puissant qu'il soit dans beaucoup de pays, n'est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d'autres fascismes. Tout un néo - fascisme s'installe par rapport auquel l'ancien fascisme fait figure de folklore [...]. Au lieu d'être une politique et une économie de guerre, le néo - fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d'une " paix " non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d'étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma. " Gilles Deleuze, février 1977.
textes et entretiens 1953-1974
" Quoi de plus gai qu'un air du temps ? (...) Il y a actuellement beaucoup d'études profondes sur ces concepts de différence et de répétition. Tant mieux si j'y participe, et si, après d'autres, je pose la question : comment faire en philosophie ? Nous sommes à la recherche d'une " vitalité ". Même la psychanalyse a besoin de s'adresser à une " vitalité " chez le malade, que le malade a perdue, mais la psychanalyse aussi. La vitalité philosophique est très proche de nous, la vitalité politique aussi. Nous sommes proches de beaucoup de choses et de beaucoup de répétitions décisives et de beaucoup de changements. " Gilles Deleuze, mars 1968.
La philosophie théorique de Spinoza est une des tentatives les plus radicales pour constituer une ontologie pure : une seule substance absolument infinie, avec tous les attributs, les êtres n'étant que des manières d'être de cette substance. Mais pourquoi une telle ontologie s'appelle-t-elle Ethique ? Quel rapport y a-t-il entre la grande proposition spéculative et les propositions pratiques qui ont fait le scandale du spinozisme ? L'éthique est la science pratique des manières d'être. C'est une éthologie, non pas une morale. L'opposition de l'éthique avec la morale, le lien des propositions éthiques avec la proposition ontologique, sont l'objet de ce livre qui présente, de ce point de vue, un dictionnaire des principales notions de Spinoza. D'où vient la place très particulière de Spinoza, la façon dont il concerne immédiatement le non-philosophe autant que le philosophe ?
la pensée singulière, de Sartre à Deleuze
Aujourd'hui, la philosophie de langue française - il n'y a là, bien sûr, aucun repli national - est l'une des pensées qui rivalise avec la philosophie analytique, ce courant dominant en dehors du continent européen. Mesurer la spécificité des " inventions françaises ", c'est, de fait, se resituer au cœur des polémiques internationales... Nourri par Deleuze, Foucault ou Castoriadis, cet ouvrage prend également en compte les interrogations de la nouvelle génération. Dans l'hexagone, les philosophes s'engagent, lancent des débats, interviennent dans les journaux. Bref, notre paysage bariolé n'a rien de commun avec des recherches tellement spécialisées qu'elles se cantonnent aux campus universitaires.
esquisses phénoménologiques
Regarder les choses comme si on les voyait pour la première fois est une méthode pour découvrir en elles des aspects jusque-là inconnus. Ce livre rassemble plusieurs essais qui montrent comment la subtile observation d'un objet peut être un éveil à la philosophie.
Pourquoi la mort de quelqu'un est-elle toujours une sorte de scandale ? Pourquoi cet événement si normal éveille-t-il chez ceux qui en sont les témoins autant de curiosité et d'horreur ? Depuis qu'il y a des hommes, et qui meurent, comment le mortel n'est-il pas habitué à ce phénomène naturel et pourtant toujours accidentel ? Pourquoi est-il étonné chaque fois qu'un vivant disparaît, comme si cela arrivait chaque fois pour la première fois ? Telles sont les questions que pose ce livre sur la mort...
Malaise dans la culture. Car la culture, c'est la vie avec la pensée. Et on constate aujourd'hui qu'il est courant de baptiser culturelles des activités où la pensée n'a aucune part. Des gestes élémentaires aux grandes créations de l'esprit, tout devient ainsi prétendument culturel. Pourquoi alors choisir la vraie culture, au lieu de s'abandonner aux délices de la consommation et de la publicité, ou à tous les automatismes enracinés dans l'histoire. Certes, nul ne sort plus son revolver quand il entend le mot 'culture'. Mais, champions de la modernité ou apôtres de la différence, ils sont de plus en plus nombreux ceux qui, lorsqu'ils entendent le mot 'pensée', sortent leur culture. Une question simple est à l'origine de ce livre - comment en est-on arrivé là?
Il existe, dans de nombreuses langues, un mot qui désigne à la fois l'acte de donner et celui de prendre, la charité et l'avidité, la bienfaisance et la convoitise - c'est le mot : amour. Mais qui croit encore au désintéressement ? Qui prend pour argent comptant l'existence de comportements bénévoles ? Depuis l'aube des Temps Modernes, toutes les généalogies de la morale font dériver la gratuité de la cupidité, et les actions nobles du désir d'acquisition. Il n'est pas sûr cependant qu'en reléguant l'amour du prochain dans la sphère de l'illusion, nous soyons mieux à même de penser le réel. Il se peut au contraire que nous ayons besoin de ce concept démodé, et d'une autre intrigue que celle de la possession, pour comprendre la relation originelle à autrui et, à partir de là, aussi bien le rapport amoureux que la haine de l'autre homme. En s'inspirant de l'œuvre d'Emmanuel Lévinas, Alain Finkielkraut interroge d'un seul tenant les grandes expériences collectives de notre modernité et le rapport à l'Autre dans la vie individuelle. Philosophie sans doute, mais philosophie dramatisée par des personnages concrets, et par la présence de la littérature qui, à travers Flaubert, James et surtout Proust, est traitée ici en moyen de connaissance de l'homme.
entretiens avec Stéphane Bou
"Le grand historien du nazisme et de l'extermination des Juifs, prix Pulitzer 2008, livre ses réflexions sur l'histoire et la mémoire du nazisme et sur plus de trente années de débats publics dans une série de conversations passionnantes. Depuis sa rencontre avec l'amiral Donitz, le successeur désigne de Hitler, au tout début des années 1960, jusqu'à l'écriture de _L'Allemagne nazie et les Juifs_ (achevée en 2008), pour laquelle il invente une nouvelle forme de récit qui donne toute sa place à la parole des victimes, en passant par les grandes controverses des années 1980 avec les historiens allemands, Saul Friedlander n'a cessé de s'interroger sur les moyens de penser le nazisme et le génocide des Juifs et d'écrire une histoire qui soit à la mesure du phénomène. Répondant aux questions du journaliste Stephane Bou, il évoque aussi bien Hannah Arendt que Raul Hilberg, Fassbinder que Lanzmann, la mémoire juive que les mémoires allemandes de la Shoah. Et n'hésite pas à se dire moraliste. Une parole d'une grande liberté qui n'a rien perdu de son tranchant."--Page 4 de la couverture.
René Girard montre ici comment le mécanisme du bouc émissaire repose sur une illusion persécutrice partagée entre bourreaux et victimes. Si les citoyens de Thèbes voient dans Oedipe le responsable du fléau qui ravage leur ville, celui-ci en retour est convaincu de sa culpabilité et se crève les yeux pour ne plus voir sa faute. Ce mécanisme victimaire engendre les illusions religieuses qui s'efforcent, par les sacrifices, d'apaiser la colère des dieux. Le christianisme a tenté de mettre fin au culte des idoles sanglantes en jetant le discrédit sur l'accusation persécutrice. Tel serait le sens de la passion du Christ, victime qui fait honte à ses bourreaux et oppose à leur violence le pardon d'un innocent.
Traité des passions rédigé par le philosophe, handicapé moteur de naissance. Dans ce journal spirituel, il s'interroge sur la difficulté d'être soi, sur les moyens de se libérer de ses peurs, des hontes et des passions qui entravent la joie de vivre, etc.
la vie et la trace
Partant de la représentation du plaisir vécu sur le mode de "l'incorporation" dans le monde antique, l'auteur montre le bouleversement de cette conception à partir de l'axiomatique moderne des théories marxiste et freudienne.
essai sur la philosophie naturelle de la biologie moderne
"Nous craignons qu'à force de parler de l'amour et de la mort les métaphysiciens ne nous aient rien laissé à dire ? Autant craindre que le devenir, depuis si longtemps qu'il devient, ne finisse pas actualiser tous les possibles, autant craindre que toute potentialité en ce monde ne soit condamnée à la totale déperdition. Ces craintes absurdes sont d'ailleurs apparentées à l'espérance non moins absurde de n'avoir un jour plus rien à faire, autrement dit de convertir tout le devoir en chose faite par prélèvement progressif de la res facta sur le faciendum. Toute cette eschatologie inspire à l'homme tantôt la hâte de s'acquitter, tantôt la phobie de consommer et la panique de l'épuisement et du marasme final ; tantôt l'éthique de la besogne finie, tantôt la manie de l'épargne et de la thésaurisation. Après tout ce qui a été dit, depuis que le monde est monde, sur l'amour et sur la mort, comment l'intuition trouve-t-elle encore quelque chose à dire ? C'est que les mystères de l'homme sont aussi l'affaire personnelle de chacun, le sujet d'étonnement le plus ancien et le plus neuf et, en quelque sorte, l'éternelle jeunesse d'une expérience philosophique. Aussi le principe de conservation et son corollaire, la loi d'économie, n'ont-ils rien à voir avec un domaine où la générosité infinie, la plus folle prodigalité, la miraculeuse renaissance de chaque instant annoncent déjà l'ordre des choses surnaturelles. Le minuscule, l'immense presque-rien ne doit pas être traité comme le charbon ou le pétrole dont les réserves s'épuisent peu à peu sans que nulle providence les reconstitue au fur et à mesure, mais plutôt comme l'infatigable recommencement de chaque printemps, de chaque aurore, de chaque floraison ; aucune dégradation d'énergie n'est ici à craindre : le presque rien est aussi métaphysiquement inépuisable que le renouveau est inlassable, et celui qui l'entrevoit dans l'émerveillement d'un éclair l'accueille comme le premier homme accueillerait le premier printemps du monde : avec un cœur de vingt ans et une innocence de huit heures du matin. " V.J.
La Méconnaissance - Le Malentendu
"Nous craignons qu'à force de parler de l'amour et de la mort les métaphysiciens ne nous aient rien laissé à dire ? Autant craindre que le devenir, depuis si longtemps qu'il devient, ne finisse pas actualiser tous les possibles, autant craindre que toute potentialité en ce monde ne soit condamnée à la totale déperdition. Ces craintes absurdes sont d'ailleurs apparentées à l'espérance non moins absurde de n'avoir un jour plus rien à faire, autrement dit de convertir tout le devoir en chose faite par prélèvement progressif de la res facta sur le faciendum. Toute cette eschatologie inspire à l'homme tantôt la hâte de s'acquitter, tantôt la phobie de consommer et la panique de l'épuisement et du marasme final ; tantôt l'éthique de la besogne finie, tantôt la manie de l'épargne et de la thésaurisation. Après tout ce qui a été dit, depuis que le monde est monde, sur l'amour et sur la mort, comment l'intuition trouve-t-elle encore quelque chose à dire ? C'est que les mystères de l'homme sont aussi l'affaire personnelle de chacun, le sujet d'étonnement le plus ancien et le plus neuf et, en quelque sorte, l'éternelle jeunesse d'une expérience philosophique. Aussi le principe de conservation et son corollaire, la loi d'économie, n'ont-ils rien à voir avec un domaine où la générosité infinie, la plus folle prodigalité, la miraculeuse renaissance de chaque instant annoncent déjà l'ordre des choses surnaturelles. Le minuscule, l'immense presque-rien ne doit pas être traité comme le charbon ou le pétrole dont les réserves s'épuisent peu à peu sans que nulle providence les reconstitue au fur et à mesure, mais plutôt comme l'infatigable recommencement de chaque printemps, de chaque aurore, de chaque floraison ; aucune dégradation d'énergie n'est ici à craindre : le presque rien est aussi métaphysiquement inépuisable que le renouveau est inlassable, et celui qui l'entrevoit dans l'émerveillement d'un éclair l'accueille comme le premier homme accueillerait le premier printemps du monde : avec un cœur de vingt ans et une innocence de huit heures du matin. " V.J.
Quelque part dans l’inachevé... Comment mieux saisir que par cette phrase de Rilke, l’insaisissable Jankélévitch. Un philosophe qui ressemble à un poète. Un écrivain qui est un musicien. Stimulé par les questions de Béatrice Berlowitz, il entrouvre enfin son domaine ; celui de l’impalpable, de l’étincelle fugace, du vague à l’âme, de la nostalgie ; il laisse s’épancher le monde secret qui habite au cœur de son œuvre. On parle d’amour et d’humour, de musique et de silence, de morale et de politique, de réminiscences et d’innocence. Le lecteur s’apercevra vite que ces entretiens, ce dialogue, sont tout le contraire de ce que produit de nos jours le magnétophone, instrument trop précis, trop fidèle et pour tout dire vulgaire. Il s’agit d’un livre écrit, ce qui garantit une plus haute fidélité, et peut-être bien une œuvre d’art.
"Comme c'est puissant et inflexible, une famille! C'est tranquille comme un corps, comme un organe qui bouge à peine, qui respire rêveusement jusqu'au moment des périls, mais c'est plein de secrets, de ripostes latentes, d'une fureur et d'une rapidité biologiques, comme une anémone de mer au fond d'un pli de granit ..."--Contratapa.
Huit études issues de séminaires présentés à Toronto (1971). La métaphore comme détectrice d'expériences rares en tant que "processus rhétorique par lequel le discours libère le pouvoir que certaines fictions comportent de redécrire la réalité". [SDM].
Depuis l'aube des religions et de la philosophie, l'homme se penche sur l'essence de la nature humaine. Aux questions " Qu'est-ce que l'homme ? " et " Qu'est-ce que la vie ? " s'ajoute dorénavant cette interrogation " Que faisons-nous de nos connaissances ? ". " Il faudrait être capable d'être à la hauteur de l'aventure humaine... Tel est le véritable enjeu de la révolution biologique. Elle nous contraint de revoir notre système de valeurs et nous oblige à redéfinir le statut de la technique et de la connaissance. " (Philippe Petit, in préface) Cet entretien réalisé par Christian Godin, de deux personnalités reconnues pour leurs compétences, l'un comme biologiste, l'autre comme philosophe est un dialogue sur leurs différends : le scientifique demande une définition de normes bioéthiques, le philosophe s'inquiète de règles pouvant entraver la liberté de recherche. Mais l'un et l'autre tentent de répondre à " l'inquiétude sociale se développant autour des sciences " selon l'expression de Dominique Lecourt.
A l'heure où la France devient le melting pot de la Méditerranée, une question se pose, qui est la pierre de touche de la morale pour le XIXe siècle: comment vivre avec les autres, sans rejeter et sans les absorber si nous ne nous reconnaissons pas "étrangers à nous-mêmes"? Ce livre invite à penser notre propre façon de vivre en étranger la civilisation européenne: les Grecs avec leurs "métèques" et leurs "barbares"; les Juifs inscrivant Ruth la Moabite au fondement de ma royauté de David; saint Paul qui choisit de prêcher en direction des travailleurs immigrés pour en faire les premiers chrétiens, sans oublier Rabelais, Montaigne, Erasme, Kov qui ont chacun médité avant nous les merveilles et les malaises de la vie étrangère. Au cœur de cet avenir cosmopolite: les Droits de l'Homme sous la Révolution française, qui commence par honorer les étrangers avant de faire tomber la Terreur sur leurs têtes. En contrepoint : le nationalisme romantique et, pour finir, totalitaire. L' "inquiétante étrangeté" de Freud conclut ce parcours en suggérant une nouvelle éthique : ne pas "intégrer" l'étranger, mais respecter son désir de vivre différent, qui rejoint notre droit à la singularité, cette ultime conséquence des droits et des devoirs humains.